CPU ⬜ Carré Petit Utile

  • Programmes
  • Interviewes
  • Chroniques
  • Chercher
  • Suivez-nous !
  • Extrait de CPU release Ex0009 : Datajournalisme.

    Recette du data-journaliste en feuille de choux sauce financière :

    • Prenez une paire de data-journalistes pas trop mûrs, de la catégorie geek ou nerd, isolez-les afin de ne leur faire subir aucune influence extérieure.
    • Chemisez vigoureusement avec un ordinateur, que vous aurez préalablement lié à Internet et protégé avec 250 grammes de firewall NSA-proof.
    • Faites revenir un lanceur d’alerte, de la variété Snowden ou Bruder. Hors-saison, on peut remplacer le Snowden par une série d’appels de marchés, un lot de documents comptables Open Data, voir, en période de vaches maigres, de rapport de la Cour des Comptes. Déglacez doucement cet appareil, jusqu’à ce que le fond commence à accrocher et les conversations prendre un léger ton aigre-doux. Attention, prenez garde à ne choisir que des données du jour. Évitez si possible les produits vendus sous feuille Excel ou emballage Imad Lahoud, surtout si la traçabilité Clearstream n’est pas garantie.
    • Faites plancher les deux journalistes durant 3 à 6 mois. Mettez en réserve deux ou trois gratte-papiers en chambre froide, car parfois certains morceaux supportent mal la pression et s’étiolent, nécessitant un remplacement immédiat. L’apport de data-journaliste frais en cours de préparation n’est jamais néfaste au résultat final.
    • Accompagnez d’un zeste d’analyste financier et saupoudrez généreusement de développeur C de l’espèce SGBD. C’est généralement ce qui donnera à votre journaliste en feuille de choux un arrière-goût très prononcé d’enquête objective. Faites très attention à surveiller les débordements. A la moindre fuite, le travail du data-journaliste s’évente et n’a plus de goût.
    • À ce stade, épluchez soigneusement les données, commencez à dresser quelques camemberts, nuages de points, histogrammes 3D ou toute autre récolte infographique de saison. Évitez d’ajouter la moindre donnée en conserve, si ce n’est pour garnir le fond de référence. Un bon data-journaliste en feuille de choux exige des produits frais.
    • À ce stade, instinctivement, le journaliste se met à pondre en abondance. C’est également à ce moment précis que se développent les pressions et montées en température, d’autant plus importantes que vous mettrez du temps à mettre sous presse.
    • Dès que les papiers sont prêts, diffusez et servez chaud. A ce stade, le data-journaliste peut prendre un peu de repos, pendant que les pas-data-et-pas-trop-journalistes reprennent les articles sur d’autres médias.

    Le data-journaliste en feuille de choux se consomme exclusivement dans la semaine. Passé la DLC, il prend un goût de réchauffé. Si votre éditeur-imprimeur est en rupture de stock, vous pourrez toujours surprendre vos invités avec un plat très simple à réaliser : le journaliste de terrain.

    Recette du journaliste de terrain :

    • Choisissez un Kessel de l’année, un Kronkite, un Lecat, voir une paire Bernstein-Woodward, un Cabu ou, si possible, un Alfred Bodard
    • Immergez-le durant quelques mois sur le terrain. On notera que le journaliste de terrain coûte généralement moins cher en informatique et abonnement Internet, mais plus cher en notes de frais, magnétophone, carnets à souche, stylo-bille et télécopies. Ça reste toutefois un plat économique capable de fournir une nourriture roborative et qui se conserve bien.
    • Spontanément, le journaliste de terrain va se mettre à pondre, d’autant plus abondamment que la température du terrain sera élevée.
    • Agrémentez de quelques clichés de photographe (généralement de la même espèce que le journaliste de terrain)
    • Servez chaud, en édition du soir ou du matin. Augmentez le tirage selon la demande des convives.
    • Comme vous pouvez le constater, la recette est bien plus simple et rapide en cas de lectorat imprévu. Il faut toutefois ne pas oublier que le journaliste de terrain est parfois périssable, qu’il n’est pas étanche aux balles ni résistant aux coups de matraque, autant d’altérations moins connues dans le domaine du data-journalisme. Certains critiques gastronomiques préfèrent d’ailleurs le goût de terrain aux senteurs des datas. L’un d’entre eux, à propos d’un Bodard servi à température Indochinoise, estimait « Dans ses papiers, rien n’est exact, mais tout est vrai ». Une erreur dans les dosages pourrait donner le résultat inverse dans la confection d’un data-journaliste en feuille de choux.

    Auteur : Marc Olanié
    Illustration graphique : Capture de la page de garde du site de la bibliothèque D3.js

    Pièces jointes

    Aucun commentaire

    Ajouter un commentaire

    Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées. Votre e-mail ne sera pas affiché.

    Haut de page