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  • Extrait de CPU release Ex0006 : Formicapunk.

    15 Avril 1985.

    Une vague de folie s’empare des collégiens de Picardie.

    Un jeune du collège Anna de Noailles découvre presque par hasard qu’il peut communiquer avec ses camarades via son SIMON.
    Arnaud, biberonné à « Albator » et « Jem & les hologrammes » deviendra alors le premier pirate low-tech de sa génération.
    On est loin de la réalité virtuelle et pourtant c’est le début d’une révolution, plus forte que le talkie-walkie.

    En bardant son Simon de gaffer piqué à son père électricien sur l’avant de sa planche de skate — oui le Hoverboard™ n’était pas encore né — il fait de son bricolage incertain un nouvel outil de communication qui va bouleverser les échanges entre groupes d’individus.

    Le jeune Arnaud, fonçant sur le bitume détrempé de Picardie son walkman crachant le dernier morceau de Bonnie Tyler dans ses tympans d’ado désabusé, comprend que sa planche propulsée sur les trottoirs, génère des vibrations qui activent le circuit électronique de son Simon. Les touches envoient alors de courtes projections lumineuses rouges, bleues, vertes et jaunes.

    A ce moment, vous vous dites qu’est ce que la pyrotechnie vient faire là-dedans ? (Sauf pour ceux qui ont vécu le 14 juillet au Château de Chantilly à cette époque, en fait rien du tout…)
    En attachant un miroir à la manche son sweat, la lumière est réfléchie à plusieurs mètres de distance. Arnaud, garçon boutonneux mais néanmoins ingénieux, ouvre la voie à une forme alternative de papotage pour toute cette jeunesse désœuvrée du nord de la France qui attend sa révolution.

    Une fois, la fonction « Jacques a dit » de l’appareil totalement explosée, les flashs colorés vont alors bon train dans les ruelles glauques de Beauvais. Les échoppes décaties sont en rupture de skate et chacun se bidouille un montage de fortune dans son garage moisi de Picardie.

    Enfin, la révolution est en marche.

    Les jeunes galvanisés par cette soudaine autonomie d’expression, vont par la suite coder et standardiser ce nouveau langage qui leur appartient :

    • Rouge : < dialog >
    • Vert : < menu >
    • Bleu : < inbed >
    • Jaune : < crypt >

    Les couleurs associées entre elles et combinées à la rythmique urbaine de l’asphalte leur permettent de concevoir un dialecte complexe pour s’échanger des messages simples et courts et partager leur statut (qui se résumait au début à je kiffe ou ça pue.)

    Bientôt, des hordes de skateurs se lâchent dans la descente de la Nationale 1 et la DDE de l’Oise aura beaucoup de mal a rattraper les dégâts causés par l’adoption de cette pratique chez les gangs Noaillais.

    Plus tard en 1987, un jeune Californien venu visiter la cathédrale de Beauvais avec sa tante découvrira ce nouveau mode de communication qui lui semble immédiatement très atypique et tentera de répliquer l’expérience dans son université Hard Van avec un projet nommé « Fakebooth ». Hélas, le SIMON qui n’avait pas trouvé son public outre-atlantique ne put être le catalyseur de cette nouvelle ère au Pays de l’Oncle Sam. Il se rabattra alors sur une autre techno prometteuse importée de France : le Télécran.

    15 Avril 1985, les Makers du Futur™ étaient nés… en Picardie.

    Auteur : Norédine Benazdia
    Illustration graphique : photos de @M1K4_3L pendant l'émission.

    Pièces jointes

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