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  • Extrait l'émission CPU release Ex0061 : Casseurs de briques.

    D'après le texte Générations casseurs : DHTML Arkanoid

    Nous sommes en 2002.
    Les casses-briques ne sont plus qu'un fragment d'une histoire héroïque, passés de mode aussi bien dans les bornes d'arcades que sur les ordis personnels. Pendant ce temps là, internet est devenu accessible à tous. Et son interface la plus populaire est le web.

    Mais le web est encore conçu comme un service de consultation de documents statiques. À part un système de formulaires, les principales interfaces dynamiques sont conçues avec des plugins propriétaires, comme Flash. Qui plus est, le développement technologique du web entre dans un marasme : celui de la victoire incontestable de Microsoft sur les autres navigateurs. En ayant imposé Internet Explorer comme navigateur par défaut sur tous les ordinateurs Windows, le développement technique du web va subir un coup de frein qui durera une dizaine d'années. Sur les cendres de Netscape, le navigateur open-source Mozilla va se concentrer plus sur l'implémentation des standards du W3C plutôt que sur des technologies propriétaires. Les navigateurs Opera et Konqueror (qui sera plus tard la base de Safari) suivent aussi la même voie : celles des standards.

    Or il y a un ensemble de technologies qui commence à être standardisée, c'est à dire théoriquement commune entre les navigateurs. Le DHTML, Dynamic HTML, la possibilité de modifier des éléments de la page via le langage javascript.
    En 2002, il en existe quelques démos de ce que chaque navigateur a implémenté de plus par rapport aux autres. Mais cette fragmentation n'a pas vraiment aidé à des mise en applications pratiques. Dans tous les cas, concevoir une interface dynamique, voire aussi exigeante qu'un jeu d'arcade, passe forcément par Flash. Et pourtant...

    Scott Schiller est une célébrité dans le domaine de l'interface web. Plus qu'un showcase, ou une démonstration de son savoir-faire, DHTML Arkanoid est une véritable claque, démontrant ce qu'il devenait imaginable de faire pour des navigateurs modernes et (relativement) décents.

    Étonnant. On y retrouve les bonus, les hitscores, l'éditeur de niveau et ... la rapidité ! Et le jeu est encore utilisable de nos jours, à condition qu'on accepte le plugin Flash qui ne sert que pour récupérer des données du serveur, faute d'AJAX. Le son, lui, était géré par Quicktime ou Windows Media, il n'est donc plus fonctionnel... (d'où l'absence de fond sonore de ce jeu dans cette chronique). Mais n'empêche ! Il fonctionne encore, prouvant combien le respect des standards est important pour la pérennité. Encore à l'heure actuelle, de très nombreux webmasters peuvent retourner à leurs chères études devant une démonstration aussi... ludique !

    Le jeu vidéo est passé d'une programmation faisant un usage parcimonieux de l'assembleur et à des coprocesseurs spécialisés à la gestion de structure d'éléments abstraits en langage interprété multi-plateforme. On est très loin des frameworks orientés jeux comme l'Amos Basic dans les années 90s ou Unity de nos jours, mais cette démo préfigure ce que va devenir le Javascript et les objets DOM avec Konfabulator, le projet Tamarin, le CSS3, les compilateurs Just In Time (JIT) et le standard ECMA 5.

    Avec Arkanoid DHTML, Scott Schiller va démontrer à des webmasters qu'il était possible d'aller plus loin avec les navigateurs webs, dépasser le statut de simples terminaux de consultations de documents statiques et se lancer dans des interactions aussi exigeantes qu'un jeu vidéo. 4 ans après, Google Mail va en révéler la puissance avec AJAX.
    Le véritable système d'exploitation va devenir le navigateur web, comme cela fut prédit par Marc Andreessen, le créateur de Netscape.

    Illustration : Photo de son profil twitter, D.R.

    Annexes

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