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  • Extrait de l'émission CPU release Ex0076 : Histoires de la cryptographie, 1ère partie : Du papier et des neurones.

    Avant de continuer de conter la cryptographie à travers l'Histoire, il nous faut aborder un point de vocabulaire. Car souvent, j'entends des gens très concernés qui parlent de terroristes qui encryptent des messages. Outre qu'ils n'en n'ont même pas le début d'une preuve, l'usage du verbe encrypter démontre une ignorance certaine du sujet, une naïveté qui serait charmante si ces mêmes messieurs ne voulaient pas interdire le chiffrement dans la foulée.

    Alors donc :

    Crypter
    veut dire mettre en crypte, cacher les morts de la vue des vivants. On l'utilise aussi, quoi qu’abusivement pour l'action de transmettre un message qui est écrit en clair, mais soustrait à de la vue des autres. Écrire sur le crâne rasé d'un esclave, ou utiliser du jus de citron, ou rouler une feuille de papier qu'on va placer dans la fente d'un mur… On peut appeler ces actions crypter, mais le bon verbe serait plutôt dissimuler, car le message est parfaitement compréhensible une fois que sa cachette est découverte.
    Chiffrer
    veut dire rendre un message inintelligible, sauf par un nombre restreint de personnes. Le message n'a pas besoin d'être dissimulé, puisqu'il est illisible, à moins de connaître la manière qui a été utilisée pour effectuer le chiffrement.
    Déchiffrer
    veut dire décoder un message qui a été chiffré afin de le lire, procédure faite en utilisant la méthode par lequel est prévu qu'il soit lu.

    Mais il existe un faux-ami :

    Décrypter
    action qui consiste à tenter de décoder un message chiffré, sans en avoir la clé de lecture. En général, on tente un décryptage par intuition (en essayant de trouver les motifs répétitifs, les lettres les plus fréquentes, ou les mots, ce que l'on appelle une attaque par dictionnaire) ou on peut décrypter par force brute (qui consiste à essayer bourrinement toutes les possibilités mathématiques jusqu'à trouver un message cohérent) et je passe d'autres méthodes de décryptage dont la violence mathématique m'oblige à ne pas en évoquer les détails gores…

    Donc, déchiffrer implique chiffrer, décrypter implique chiffrer, mais crypter n'existe pas vraiment.
    Donc si un ministre, un homme politique ou un expert autoproclamé vous parle de messagerie cryptée ou de terroristes qui cryptent les messages, sachez qu'ils n'y connaissent vraiment pas grand chose.

    (NOTE : L'usage du terme crypter dans l'émission est donc ironique, et doit être compris comme dissimuler un texte en clair)

    Photo : Boîte à chiffrer d'Henri II, présentée à l'exposition « Secret de l’État : Surveiller- Protéger- Informer », © L.C.

    Pièces jointes

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