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  • Extrait de l'émission CPU release Ex0076 : Histoires de la cryptographie, 1ère partie : Du papier et des neurones.

    Devant la prolifération (toute relative) de la correspondance chiffrée et les multiples services de police ou d'inquisition qui s'en inquiètent, le Moyen-Âge voit poindre un nouveau métier très spécifique… La demande vient de clients prestigieux et très puissants comme le Roy, la Police Secrète, l'Inquisition, l'Église, la Noblesse ou de très riches marchands qui soupçonnent l'infidélité de leur femme…

    Ainsi naquit le métier de décrypteur, celui qui décrypte les messages chiffrés.

    Des petits jobs qui travaillent par l'occasion et qui n'avait que très peu de spécialistes. Tel le frère Guillaume de Baskerville dans « le Nom de la Rose », ils s'y sont mis, titillés par le mystère et ayant à la fois la curiosité et la connaissance des lettres.
    Bien souvent confrontés à un simple code de substitution alphabétique manière code de César ou le carré de Polybe, ces artisans utilisent empiriquement les attaques par répartition statistique des lettres ou les attaques par dictionnaire. Si ce n'est une simple opération géométrique comme la bonne vieille scytale, le fameux baton de Plutarque.

    Le travail des décrypteurs est bien loin des travaux de Champollion en terme de difficulté, mais face à eux, le code de César va connaitre plusieurs évolutions :

    On a parfois de réelles innovations comme l'alphabet bilitaire de Francis Bacon, une évolution du carré de Polype qui encode chaque lettre en 5 symboles, usuellement notés A et B. Ces symboles étaient stéganographiés dans un message anodin, par exemple les lettres droites signifiaient un A et celles en italiques un B.
    Aujourd'hui, on dirait 0 et 1 car Francis Bacon a inventé sans le savoir le premier jeu de caractères dans une représentation binaire. Une curiosité qui fut saluée par William et Elizebeth Friedman, un célèbre couple de cryptographes Américains qui y firent mention tout au long de leur vie, et même sur leur pierre tombale.

    Mais revenons au Moyen-Âge :
    Le labeur du casseur de code se fait manuellement, souvent en solitaire, et à côté d'une autre activité pécuniairement moins aléatoire. Car le résultat est loin d'être garanti face à ces améliorations : en l'absence de suffisament de documents chiffrés avec le code à casser, le chemin est d'autant plus difficile pour le décrypteur. Les outils mathématiques sont très souvent ignorés et de toutes façons encore simples, le calcul scientifique n'arrivera que plus tard, comme le calcul statistique.

    Les méthodes sont encore frustres, les opérations de chiffrement/déchiffrement se font avec des outils simples : le parchemin, la plume d'oie et beaucoup de sueur au front. Et même en connaissant le code, les opérations restent très laborieuses si on n'a pas les moyens comme Henri II (de France) de se faire construire une superbe boîte à chiffrer, utilisant un mécanisme pour montrer les lettres substituantes. On reste sur de l'artisanal pur.

    Les évolutions les plus importantes se feront dans le domaine militaire, diplomatique et l'espionnage, comme les règles à chiffrer, l'usage de clés jetables et l'usage d'infrastructures de communications publiques.

    Au XXème siècle, des innovations radicales feront changer les pratiques.

    Photo : Boîte à chiffrer d'Henri II, présentée à l'exposition « Secret de l’État : Surveiller- Protéger- Informer », © L.C.

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