CPU ⬜ Carré Petit Utile

  • Programmes
  • Interviewes
  • Chroniques
  • Chercher
  • Suivez-nous !
  • Extrait de l'émission CPU release Ex0111 : Journalisme pure player.

    Bonjour à toi, Enfant du Futur Immédiat, toi qui rafraîchit frénétiquement ton site d'info favori, parce que tu n'as pas encore compris l'intérêt du flux RSS (penses à me rappeler de t'en faire la démo).

    Johannes Gutenberg a inventé l'imprimerie, en piquant les caractères amovibles des chinois, le papier des japonais, la presse à vis d'un vigneron de Hesse-Rhénane et les titres accrocheurs de Ici Paris.

    Depuis les premières gazettes imprimées d'information générales, le papier est roi, le rédacteur... en chef et les vendeurs arrangent le peuple. Bref, la hiérarchie de l'info est verticale jusqu'au lecteur.
    Les années 1960 furent le peak-point de la presse Française : les quotidiens tiraient à plusieurs millions d'exemplaires… et se vendaient !
    Et la tech ? Oh, la presse a toujours regardé les nouveautés technologies : du bélinographe pour transmettre les images, la radio, la télévision, la PAO (Publication Assistée par Ordinateur) pour rentrer plus vite les coquilles et l'écharpe en cachemire en cadeau bonus de l'abonnement à l'Express.

    L'arrivée du minitel va changer les mentalités de cette noble industrie. Afin d'éviter que les journaux papiers n'assassinent le nouveau-né, ou l'inverse, l'État tout puissant décréta que qui voulait un service minitel devait obligatoirement s'associer à une publication qui a un numéro paritaire. Ce n'était qu'un prélude à la révolution internet, où les tentatives protectionnistes se sont jusqu'ici révélées vaines.

    Car, pour enregistrer un site web, point besoin d'un numéro de commission paritaire. Et on vit une application se développer : Comme furent créées les radios et télé d'infos, naquirent sur le web les organes de presse exclusivement dédiés à ce support qu'on appela les pure players d'information.
    Les infos paraissent beaucoup vite, sont complétées plus vite, corrigées plus vite, et avec des éléments interactifs. Hello Slate, Rue89, Mediapart et les autres, je ne vous oublie pas.

    De nos jours, la presse papier se meurt, fanée par l'immédiateté, concurrencé par la gratuité perçue de l'information en ligne... Pourtant, tout comme les albums modernes sont désormais à nouveau édités en vinyles 33 tours et en cassettes audios, des pure players reviennent épisodiquement… vers le bon vieux papier ! Sûrement une méfiance quant à l'intérêt de la directive européenne Copyright et son article 15 sur la taxation des liens vers les articles de journaux, ou bien parce que le papier, faut l'acheter pour le lire ? Mais je m'égare, et pas que de Messageries de Presse.

    Oh ben tiens, justement : La distribution de la presse papier ! La liberté de la presse ne suffit pas, encore faut-il que toute la presse soit accessible de partout. En France, une régie pour distribuer toute la presse fut instituée à la Libération (celle de 1944, pas celle de Laurent Joffrin). La loi Bichet de 1947 interdit à un buraliste de refuser un journal, ceci afin de garantir à chacun l'accès à toute la presse d'opinion. On trouve l'Humanité à Deauville, et le Figaro au Mirail.

    Le distributeur en question sont les NMPP (Nouvelles Messageries de Presse Parisienne), devenues Presstalis il y a une dizaine d'années. Un distributeur en monopole de fait, car coopérative de quasiment toute la presse papier de France. Le problème est que Presstalis a des coûts structurels de part la logistique, mais aussi suite à des errements de gestion. Et Presstalis a l'accès direct sur les finances des journaux et magazines qu'elle distribue. Pour faire face à ses échéances financières de Décembre 2017, Presstalis a décidé unilatéralement de retenir 25% des sommes dues aux éditeurs. Sans prévenir, et ceci, alors que les finances de la plupart des titres papiers étaient déjà en fort mauvais état.

    On voudrait forcer les supports papiers à disparaître qu'on n'aurait pas fait mieux. Mais monnayer son contenu sur internet est moins évident que chez le marchand de journaux.
    Il est long et ardu le chemin pour reconquérir l'accès au portefeuille du lecteur. Parce que pour attirer le chaland vers leurs sites web, les journaux ont commencé à donner un accès gratuit à leurs articles, en espérant se refaire par la publicité. Et là, tout a dérapé, mais c'est un autre sujet.

    Enfant du Futur Immédiat, on n'est jamais mieux informé qu'en prenant plusieurs sources d'informations ; si possible avec une source dont tu ne partages pas l'opinion. N'oublie pas d'acheter de temps à autre tes infos, soit un journal papier ou soit s'abonner à un site d'information. C'est la meilleure garantie que la presse, un des pilliers de notre démocratie, ne soit pas sous la pression de ses annonceurs ou d'un mécène.

    Texte : DaScritch
    Photo : Some men are reading public newspapers in the streets, Nanjing,China. CC-BY-SA Stougard, détail

    Pièces jointes

    Aucun commentaire

    Ajouter un commentaire

    Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées. Votre e-mail ne sera pas affiché.

    Haut de page