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  • Extrait de l'émission CPU release Ex0093 : Histoires de la cryptographie, 3ème partie : Des espions et des ondes.

    Derrière l'ingéniosité de la Chose, il faut rendre hommage à son créateur Lev Sergueïevitch Termen, mais vous le connaissez mieux sous son nom latinisé :
    Léon Theremin est… Le Gourou

    Oui oui, le créateur du premier instrument de musique électronique.
    Léon Theremin est né en 1896 à Saint-Pétersbourg, à l'époque capitale de l'empire Russe. Dans cette même ville renommée Petrograd, il étudie l'électricité à l'Université, montrant très vite un goût prononcé pour la musique et la physique.

    Alors qu'il cherchait à construire un appareil pour mesurer la pression des gaz, il remarque que les mouvements de sa main entraine des variations du son témoin aigu ; il crée l’éthérophone en 1919. Mais nous connaissons mieux le premier instrument de musique électronique sous le nom de Thérémine. Un meuble en bois monté sur pied, avec une antenne droite qui modifie la hauteur du son, et une antenne boucle qui en modifie le niveau sonore.

    [démo d'un theremin]

    En 1922, il donne un concert devant Lénine, qui y voit un objet de propagande. Léon Theremin fait donc des tournées de concerts et de conférences en Russie pour promouvoir la Fée Électricité ; tournée qui part en Europe en 1927, puis les États-Unis où il s'installe l'année suivante.
    Il y dépose le brevet de son instrument, accorde des licences à General Electric, une entreprise qui est à la fois constructrice d'appareils électroniques mais aussi distributrice de disques et a son réseau radio alimenté par des orchestres en live, à l'affût des nouveautés sonores. D'ailleurs, afin de parfaire l'attrait de son invention, Léon Theremin travaille un répertoire avec la violoniste Clara Rockmore, dont il tombe amoureux.

    Mais avec la crise de 1929, trop cher à l'achat, trop difficile à maitriser, le thérémine restera un objet de curiosité surtout apprécié par les bruiteurs d'Hollywood, pour illustrer par exemple les films d'horreur ou de science-fiction.

    Theremin ne reste pas inactif et met au point d'autres outils électroniques comme un synthé à percussion, un détecteur de mouvements pour une alarme, un détecteur de métal pour la prison d'Alcatraz et il ne manque aucune occasion pour visiter les bureaux de recherche des grandes entreprises.

    L'inventeur disparaît brusquement en 1938, sans laisser de traces. Certains soupçonnent un enlèvement des services secrets soviétiques. Malgré les recherches des proches et de la Police, il est déclaré mort, mais sans cadavre.

    En fait, il a fuit les États-Unis suite à des soucis financiers. L'argent de ses contrats revenaient majoritairement à Moscou. Et il est soupçonné d'avoir profité de son statut d'inventeur célèbre pour avoir fait du renseignement industriel au profit de l'URSS.

    Mais à son retour au pays, il est accusé de tentative de meurtre envers une des huiles du Kremlin. Déporté dans un camp de travail forcé, il sera vite réinstallé dans une chamrachka, un laboratoire surveillé destiné aux recherches militaires.
    C'est là qu'il a créé le Rêne, alias La Chose. Mais il y a aussi conçu d'autres merveilles électroniques comme le micro Bourane : un faisceau infrarouge qui frappe une vitre à longue distance, détecte les vibrations dues au son, et les reproduit.

    En 1956, suite à la déstalinisation, il est réhabilité, mais continuera de travailler volontairement dans les laboratoires secrets du KGB jusqu'à sa retraite en 1966. Il expérimentera avec ses thérémin, terpsitones et orgues électroniques au Conservatoire de Moscou, brièvement car finalement les instruments électriques sont vus comme trop petit-bourgeois… il se retrouvera professeur de physique à l'Université de Moscou.

    Dans les années 1980s, Steven M. Martin, un acteur dont l'enfance fut rythmée par les films d'horreurs, prépare un documentaire sur le thérémine, l'instrument qui a tant servi pour les effets sonores.

    [Extrait du thème du film « La Chose » par John Carpenter]

    Lors de ses recherches en URSS, Steven M. Martin découvre que Léon Theremin est toujours vivant. Il le retrouve, l'interviewe et organisera des retrouvailles avec Clara Rockmore, quasiment 50 ans après sa disparition. Suite à la Perestroïka, l'inventeur pu retourner en Occident, en France en 1989, puis donner des concerts aux États-Unis et aux Pays-Bas.

    L'inventeur décèdera en 1993 à 97 ans.

    Le documentaire « Theremin: An Electronic Odyssey » sorti l'année suivante et fut mondialement couvert de prix.

    Texte : DaScritch
    Photo : Léon Theremin montrant son invention en 1927, photo Bettmann, domaine public

    Pièces jointes

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